La meilleure caméra du monde ne sauvera jamais une mauvaise idée

On parle souvent de matériel lorsqu'on évoque la vidéo. Pourtant, ce n'est presque jamais ce qui fait la différence.

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J'ai une petite théorie.

Enfin... une théorie est peut-être un grand mot.

Disons plutôt une conviction qui se renforce à chaque tournage.

Lorsqu'une vidéo fonctionne, les gens parlent rarement de la caméra.

Ils parlent de ce qu'ils ont ressenti.

Ils évoquent une scène qui les a fait sourire, une phrase qui les a marqué, une musique qui leur est restée en tête ou une histoire qu'ils ont eu envie de raconter à leur tour.

À l'inverse, je n'ai jamais entendu quelqu'un dire : « Cette vidéo était incroyable, tu as vu comme elle avait une belle profondeur de champ ? »

Évidemment, la qualité d'image compte. Nous investissons dans du matériel performant, nous faisons attention à la lumière, au son, au cadrage. Ce serait malhonnête de prétendre le contraire.

Mais aucune caméra, aussi sophistiquée soit-elle, ne remplacera une idée.

C'est un peu comme un chef cuisinier. Les meilleurs couteaux du monde ne rendent pas automatiquement un plat mémorable. Ils permettent simplement à une bonne idée d'être exécutée avec précision.

La vidéo fonctionne exactement de la même manière.

Je crois même que nous sommes entrés dans une époque où la technique impressionne de moins en moins. Les smartphones produisent des images magnifiques, les drones sont devenus accessibles et les logiciels permettent de réaliser en quelques clics ce qui demandait autrefois des journées de travail.

La technique s'est démocratisée.

Les idées, elles, restent rares.

C'est probablement pour cette raison que certaines vidéos tournées avec très peu de moyens continuent de nous marquer des années plus tard, alors que d'autres, pourtant irréprochables techniquement, disparaissent de notre mémoire quelques heures après leur diffusion.

Elles avaient de belles images.

Mais elles n'avaient rien à raconter.

Lorsque nous préparons un projet, nous parlons finalement assez peu de matériel. Nous parlons du public, de l'objectif, du message, de la personne qui regardera cette vidéo dans trois semaines ou dans trois ans.

Qu'aimerions-nous qu'elle ressente ?

Qu'aimerions-nous qu'elle comprenne ?

Qu'aimerions-nous qu'elle fasse une fois la vidéo terminée ?

Les réponses à ces questions orientent toutes les suivantes. Le choix de la caméra arrive bien plus tard.

Je crois que c'est aussi pour cette raison que j'aime autant changer de terrain de jeu. Un jour, nous réalisons une captation en direct. Le lendemain, un film d'entreprise. Puis une interview, un événement sportif ou une campagne pour les réseaux sociaux.

Le matériel évolue.

La méthode, elle, reste étonnamment la même.

On commence toujours par chercher une idée.

Et seulement ensuite, on décide comment la filmer.

Au fond, c'est peut-être ça, notre métier.

Pas fabriquer des images.

Trouver la meilleure manière de raconter une histoire.